Et si Seconde Life était entrain de répéter une mauvaise partie de l’histoire du Web

Au début des années 2000, plusieurs entreprises ont investit énormément en frais de consultation et dans des technologies Internet sans que des raisons d’affaires les justifient. Ils ont investit dans des sites Web qui ne généraient pas de retombées d’affaires et des sites de commerce électronique sans utilisateurs. Ils l’ont fait parce que c’était la mode du moment, parce que leurs compétiteurs le faisaient, parce que ça « flashait », pour expérimenter…

Second Life

Est-ce que cette situation est entrain de se répéter avec Second Life ? Je lis à gauche et à droite les blogues relatant l’entrée dans ce monde virtuel de grandes entreprises (IBM, Dell, Reebok, Adidas, Nike, Toyota, Pontiac, Sun Microsystems, Sony et Sears) et nous disant que SL est l’endroit d’avenir pour les annonceurs et les détaillants. Je n’ai par contre pas entendu jusqu’à présent de cas à succès en termes monétaires d’un investissement dans SL de la part d’annonceurs.

Oui, il y a eu la première millionnaire virtuelle. Oui, il y a la designer New Yorkaise qui fait fortune. Oui, les agents d’immeubles sont ceux quoi font le plus d’argent dans SL. Mais il s’agit d’individus brillants qui se consacrent entièrement à ce monde virtuel et non pas d’entreprises cotées en bourse qui ont bien d’autres impératifs.


Argent Virtuel

Quand je lis les propos de Raz Schionning, directeur Web pour la populaire marque de vêtements American Apparel qui a été le premier détaillant du monde réel dans SL, je ne suis pas rassuré :

« It may be more interesting as a concept than a reality at this time. »

et

« We haven’t quite figured out how to make good use of it, and I’m not sure anybody has. »

American Apparel SL

Et quoi penser de l’affirmation suivante de Glenn Fisher, directeur du marketing chez Linden Lab, la compagnie technologique derrière Second Life :

« I think it is early to be thinking about ROI. It is (more about) expanding marketing brand presences, from generating PR to exploring (Second Life) to establishing a presence of some kind. »

Donc si je comprends bien, en tant qu’annonceur qui doit justifier des budgets par des ventes, je laisse les compagnies avides de relations publiques et de notoriété s’amuser et je fais des ventes sur Google, MSN Sympatico, Canoë ? C’est ce que le directeur Web d’American Apparel nous confirme :

« We had a very positive response both from consumers and the press—a little disproportionate to the real value of what we put together, but that’s OK. Not everything has to be about direct sales; it’s allowed to be about branding, as well. »

Je dois donc me ranger du côté de Fred Cavazza (Pourquoi je ne crois plus en Second Life ?) en continuant à visiter le site à mon ami Michel en espérant que les cas à succès se propagent. Je tiens cette approche de mon ancien VP marketing principal, Pierre Melançon, qui préférait être un « Smart Follower » qu’un « Early Adopter ».

Source : les citations proviennent du Marketing News du 15 février 2007 qui est envoyé gratuitement aux membres de l’AMM-PCM.

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