La pérennité des blogues des grands journalistes
Lundi matin lors de l’écoute de mon émission de radio favorite, j’ai été abasourdi d’apprendre que deux grands blogues québécois viennent d’être jetés à la poubelle. En effet, les blogues de Patrick Lagacé et Richard Martineau ont été fermé par leurs anciens employeurs lors de leur changement d’« équipe ».

En débutant l’écriture de cette contribution, je me suis aperçu que le collègue blogueur, Bruno Guglielminetti, avait déjà traité cette nouvelle sur son blogue. Voici donc un résumé de la situation :
« Deux blogues importants viennent de cesser leur publication et dans un cas, de disparaître carrément de la blogosphère québécoise. Je parle ici des carnets respectifs des journalistes Patrick Lagacé et Richard Martineau. Le premier quitte le Journal de Montréal pour aller écrire chez La Presse et le second, quitte l’hebdo Voir pour aller chroniquer dans le Journal de Montréal.
Dans les deux cas, les éditeurs qui les employaient ont coupé l’accès des carnetiers à leur blogue, ce qui est normal, mais dans le cas de Lagacé, Canoë a tout simplement fait disparaître le blogue. Même si le blogue de Lagacé était un des blogues les plus influents du monde francophone, selon une étude de la maison Edelman. »
Bruno soulève les mêmes questions que moi : « Leurs propos et ceux de leurs lecteurs sur blogue, qu’est-ce qu’on en fait ? Devrait-il y avoir un dépôt légal pour les blogues ? »
Dans tous les cas, être un blogueur d’influence (que ce soit pour un média, une agence ou une entreprise) comme l’est Lagacé, j’essaierais de négocier avec mon employeur que les contenus et ceux de mes lecteurs parus sur mon carnet m’appartiennent et me suivront où j’irai. Plus facile à faire qu’à dire, mais il faut y penser pour assurer la pérennité de notre blogosphère.
Suivez les commentaires par le biais du flux RSS 2.0.





14 novembre 2006 à 17:39
Tu n’es pas le seul à être tombé de ta chaise ! Cela dénote un grand manque de compréhension des blogues aussi bien des employeurs que des journalistes eux-mêmes qui d’ailleurs se définissent plus comme des gars de tv et de journaux que de médias électroniques. A la réponse à la question de bloguer sur son propre espace, M Lagacé répond que c’est à cause de la protection juridique de son employeur. En tout cas c’est très cavalier et non-professionnel des deux côtés.
15 novembre 2006 à 9:10
Rien de mieux que d’avoir son blogue personnel. Un grand journaliste pourrait sans doute générer assez de revenus publicitaires pour recevoir un bon cachet. De cette façon, il n’y aurait aucun doute sur les propriétés intellectuelles des articles et des commentaires. Je ne m’y connais malheureusement pas dans les lois régissant dans le domaine, j’ai dévié mes intérêts journalistiques d’antan vers le milieu du marketing, cependant la définition Wikipedia de “journaliste” (à titre de référence) rapporte que “Un journaliste écrit des articles ou en fait une présentation POUR une diffusion ou une publication dans un média de masse comme un journal, la télévision, la radio, un magazine, un film documentaire ou l’Internet.” Un journaliste reçoit son salaire d’une entreprise de presse en échange de son travail. Il en va de soit, à mon avis, que tous ses articles et ses retombés tels que les commentaires reviennent à la publication en question. Il en revient à la publication en question de choisir si elle désire garder les articles et les commentaires sur son site web, mais je suis d’accord que les commentaires devraient être enregistrés à quelque part, via un dépôt légal par exemple. Lors de débats, ces commentaires peuvent devenir très enrichissants. Tel que décrit sur le site de « Bibliothèques et Archives Canada », le dépôt légal sert à rassembler à Bibliothèque et Archives Canada une vaste collection nationale qui témoigne du patrimoine et du développement de l’édition canadienne. D’ailleurs, à la suite de longues consultations auprès du milieu de l’édition, Bibliothèque et Archives Canada (BAC) a maintenant modifié le règlement sur le Dépôt légal afin d’y inclure les cartes et les publications électroniques. Je crois que les démarches sont en bonnes voies. Je me demande s’il y a des bloggeurs au Québec qui réussissent à vivre que par les publicités sur leurs blogues. J’ai souvent lu qu’ailleurs en Amériques du Nord, certains bloggeurs réussissaient à avoir plus de $2000 US par mois. De mon côté, ça ressemble plus à $3/mois.
15 novembre 2006 à 10:51
Merci les gars d’enrichir cette discussion. Et que faire des centaines de commentaires des internautes qui sont jetés à la poubelle ?
15 novembre 2006 à 11:28
Yannick, à ma connaissance Mocoloco et Banlieusardises percoivent une part importante de leurs revenus grâce àla pub sur leur blogue mais bon Mocoloco c’est quand même une moyenne de 10 000 visiteurs par jour et ça lui a pris 3 ans pour arriver là.
15 novembre 2006 à 22:53
Fausse alerte. Les deux blogues sont encore accessible. Avec tous les billets et tous les commentaires… http://www.micheldumais.com/archives/2006/11/15/propos-des-archives-de-patrick-lagac/
16 novembre 2006 à 8:39
Fausse alarte Martin ou réponse rapide aux protestations qui se déroulaient en ligne depuis quelques jours ?
Selon moi, on vient de démontrer l’influence des blogues !
Merci pour la nouvelle,
GB
30 novembre 2006 à 13:01
Attention : premier post sur ce merveilleux blogue !
Selon moi, (dites-le moi si je me trompe) la propriété intellectuelle des blogues dépend de l’environnement où ils sont publiés. Un blogue publié sur un site d’un média comme celui de Martineau est propriété de l’entreprise en question, tout comme un texte paru dans le journal. À voir quel sera le point de vue des employeurs sur les blogues personnels de leurs employés.
30 novembre 2006 à 13:12
N’en déplaise aux journalistes en question mais leur blogue respectif a été hébergé, annoncé et popularisé par leur employeur dans un seul but: avoir des pages vues donc de l’inventaire publicitaire. Il est normal que l’entreprise tire la plogue lors de la cessation d’emploi. D’ailleurs, j’imagine que MM. Martineau et Lagacé était rémunérés par l’entreprise pour leur blogue.
Mais ça ne règle pas la question: "À qui appartient les opinions exprimés sur ce blogue?". Dans le cas des journalistes, c’est simple. L’entreprise a payé pour la production de textes d’opinions, ces textes lui appartiennent. Dans le cas des internautes, aucune idée. Est-ce que tout ce que j’écris sur la Toile est protégé par la loi des droits d’auteur? Ça m’étonnerais.
16 janvier 2007 à 16:34
En effet, je suis d’accord avec ton avis quant à la conservation des écris pour un blog leader d’opinion. Le Web doit rester un lieu de libre échange, de contradictions et de débats. La disparition d’un blog comme celui-ci c’est d’une certaine manière une censure à l’encontre d’un courant de pensée.
J’invite les lecteurs de ce blog à venir découvrir mon blog média, TV, qui traite de l’actualité de la télévision française au travers de réflexions et de mises en perspectives de certains phénomènes. A bientôt sur http://www.latetedansleposte.com