Malgré un intérêt marqué des Québécois pour l’information concernant la santé en ligne, très peu de sites répondent à leurs attentes. En effet, les sites québécois et canadiens n’intègrent que très peu les nouveaux outils. Ces derniers permettent une plus grande personnalisation ainsi que de l’interactivité avec des gens dans une situation semblable à la leur ou avec des professionnels de la santé.

Il s’agit là des principales conclusions qui ressortent d’un récent rapport d’Adviso Conseil dont l’objectif est d’expliquer comment les technologies de l’information et des communications (TIC) peuvent permettre l’amélioration des services offerts à la population en termes de santé et de services sociaux. Pour ce faire, le degré de réceptivité de la population face à ces services de même que leurs attentes ont été étudiés. Ce document propose et explique aussi les différents modèles d’application des TIC en santé pour le grand public.
Formidable outil au service des patients, l’Internet a permis un accès démocratique au savoir médical et aux progrès les plus récents de la médecine. Sans parler de la possibilité de partager son expérience avec d’autres personnes qui sont atteintes de la même maladie. Trois modèles ressortent de cette étude pour l’utilisation des TIC offertes à la population soit l’ informationnel (information non personnalisée), le communicationnel (dialogue de personne à personne) et le collaboratif (dialogue collectif et évolutif ).
Présentement, a u Québec, seul le modèle informationnel est réellement utilisé, bien qu’il ne réponde que peu aux attentes des Québécois. Les autres modèles, le communicationnel et le collaboratif, répondraient mieux aux besoins des Québécois en leur offrant, d’une part, personnalisation et interactivité et, d’autre part, de l’intimité et des espaces d’échange pour des utilisateurs engagés. Il ne fait aucun doute que les modèles communicationnels et collaboratifs doivent être les fers de lance lors de la création de nouvelles applications pour le public québécois.
En plus de répondre aux attentes de la population, ceux-ci assurent une meilleure gestion de la « première ligne », ce qui est bénéfique pour toutes les institutions. En offrant à la population la possibilité de s’informer, de dialoguer et de s’entraider, la santé collective n’en sera qu’améliorée. Par contre, il existe des limites à l’utilisation accrue de ces services en ligne. Notons qu’il est parfois difficile de distinguer un site professionnel d’un site réalisé par un particulier et de faire le tri entre la multitude de conseils sur la santé disponibles sur Internet.
Parmi les constats intéressants, notons qu’ Ipsos-Reid confirme un intérêt marqué de la part des Canadiens envers l’information sur la santé disponible en ligne. En effet, 66% des internautes canadiens ont déjà visité un site Internet traitant de la santé. Ipsos-Reid indique aussi que davantage de Canadiens ont consulté de l’information reliée au domaine de la santé que sur tout autre sujet.
Au Québec, des résultats semblables ont été révélés par un sondage omnibus Léger Marketing réalisé en avril 2003. Cette étude démontre que 28% des internautes québécois utilisent assez souvent ou très souvent Internet pour s’informer sur la santé ou les services sociaux. Le pourcentage des internautes ayant déjà visité un site traitant de la santé atteint 69% lorsqu’on y inclut les personnes utilisant rarement Internet afin de chercher ce type d’information.
Quant à l’impact sur le réseau de la santé, une récente étude conduite par Knowledge Networks , en collaboration avec l’ Université de Stanford , démontre qu’aux États-Unis, 3 % des utilisateurs Internet ont affirmé que la consultation du Web pour des questions relatives à la santé leur a permis de réduire le nombre de visites chez le docteur et 5% déclarent que cela a diminué le nombre d’appels téléphoniques à leur médecin.
Une autre étude précise qu’un tiers des personnes interrogées, et qui ont déclaré utiliser Internet pour trouver des informations dans le domaine de la santé, ont reconnu que les éléments de réponse découverts en ligne avaient influencé leur opinion. Le meilleur reste donc à venir!
Source : Brunet, Guillaume et Lamarche, Simon. « Modèles d’utilisation des TIC en santé pour l’amélioration des services offerts à la population », Adviso Conseil, septembre 2003.